Le Parfum du chrétien…. son témoignage silencieux

Une publicité récente de voiture sortie à l’occasion des fêtes présente deux enfants sur le lit d’une chambre où sont placés les manteaux des invités. La fille reconnait le parfum de sa tante en respirant son manteau et le garçon reconnait celui de son oncle en respirant son manteau…qui sent le char neuf. Comme quoi on se sert du parfum comme prétexte à autre chose.

Je vais faire une analogie entre le parfum qui est omniprésent dans nos vies et notre témoignage même silencieux, qui peut être un parfum pour les autres avec des effets différents selon les cas..

Nous identifions les choses de notre entourage ou de notre vie quotidienne lorsque nous respirons leur parfum…avant de s’en servir ou d’y goûter…Nous aimons où nous n’aimons pas !

Certains parfums sont agréables, légers, subtiles, suaves et qui embaument tandis que d’autre sont lourds, capiteux, enivrant parfois irrespirables, et même nauséabonds mauvais. À propos, savez-vous que le mot parfum vient de « embaumer » ? d’où l’expression « ces fleurs embaument et d’où le verbe embaumer. »

On parle aussi de parfum au sens imagé…un parfum de vertu, ou de louange tout comme d’un parfum de scandale, un parfum de mort. Ne vous est-il jamais arrivé de dire en parlant d’une personne « J’peux pas la sentir » ? Il ne s’agissait certainement pas de son parfum mais de sa manière de parler, de réagir ou de se comporter en règle générale avec les autres ou avec vous.

Vous est-il déjà arrivé de pouvoir reconnaître la présence d’une personne dans votre entourage seulement par son parfum ? ….sans l’avoir vue ? car vous êtes habitués à ce parfum qui lui est propre, un parfum qu’elle porte depuis tellement d’années qu’il fait partie de sa garde-robe et que ses vêtements en gardent l’odeur même après le lavage ? parfum féminin ou masculin, tantôt délicat, discret, mais aussi tantôt lourd et irrespirable…

Dieu nous a donné ce sens de l’odorat pour nous aider à détecter des choses et des personnes qui nous entourent et il nous a donné aussi une autre sorte d’odorat, un odorat disons spirituel pour sentir les choses que nous vivons et le parfum spirituel de ceux et celles qui nous entourent.

Du début à la fin de la Bible, le parfum occupe une place récurrente, parfois au sens propre et parfois au sens figuré ….

  • En Exode, l’Éternel demande à plusieurs reprises de faire brûler du parfum odoriférant, de l’encens ;
  • En Lévitique, il fallait que la nuée du parfum provenant de l’autel des parfums couvre le propitiatoire ;
  • En Nombre il est encore question d’offrir du parfum devant l’Éternel ;

Et, au sens spirituel,

  • En 1 Samuel il fallait que l’Éternel agrée le parfum d’une offrande ;
  • Dans le Cantique des cantiques, Salomon dit à la Sunamite « Combien suaves sont tes parfums, ton nom est comparable à une huile odorante qui se répand… »  1.3
  • En Ézékiel, l’Éternel dit au v. 20.41, «  Je trouverai plaisir en vous comme un parfum apaisant.. »
  • et ainsi de suite aussi dans plusieurs passages en NT dont nous verrons quelques-uns ….

Passons donc à l’étude de notre leçon de chose sur le parfum du chrétien, ou de son témoignage silencieux.

La Composition d’un parfum : Le parfum mondain est composé de trois grandes catégories de produits : naturels, huiles essentielles, synthétiques et des produits chimiques.

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Les éléments de la composition du parfum de Christ sont aussi multiples mais impossibles à obtenir en payant ou en claquant des doigts …. heureusement que nous avons sa Parole et son Esprit Saint pour les découvrir….et les incorporer à notre vie comme les éléments d’un parfum, de notre parfum.

La recette d’un parfum spirituel parfait comprend 4 catégories de produits et chacune est de compositions diverse….qui se retrouvent dans le caractère que Christ attend de chacun de ses enfants…Nous ne ferons ici que les nommer faute de temps, mais nous y reviendrons un jour. Notez cependant que l’amour fait partie de chacune de ces catégories…

1. Les produits de base que vous pouvez trouver à la boutique des béatitudes, au rayon des « heureux » :  Les 8 ingrédients de Matthieu 5.3-12

  • Un esprit d’humilité
  • Un chagrin de repentance
  • Une attitude de douceur
  • Une âme assoiffée de justice
  • Une compassion miséricordieuse
  • Un cœur pur
  • Une passion pour la paix
  • Un amour inébranlable pour Christ

2. Ajoutez ensuite les produits de structure, découlant de votre progrès dans la foi qui sont : 2 Pierre 1.5-8

  • La Foi puis…
  • La vertu à laquelle vous ajoutez
  • La connaissance et le contrôle de soi que vous mélangez avec…
  • La Persévérance et sainteté puis,
  • la Bonté fraternelle pour manifester vos « 8 ingrédients »
  • Amour envers Dieu et tous les hommes…

3. Ajouter une bonne quantité de zest du  fruit de l’Esprit : Les 8 ingrédients de Galates 5.22-23

  • de l’amour,
  • de la joie,
  • de la paix,
  • de la patience,
  • de la bonté,
  • de la foi et
  • de la douceur
  • sans oublier le contrôle de soi.

 Il ne manque plus qu’à ajouter la 4e catégorie …..

 4. Les ingrédients d’un amour parfait : 1 Corinthiens 13.4-8

  • Une pleine mesure d’amour et de patience,
  • une quantité égale de bonté,
  • une pleine tasse d’intégrité et d’altruisme,
  • de la douceur à revendre sans soupçon d’aucune sorte,
  • de la joie dans la vérité,
  • un torrent de pardon avec une foi inébranlable et
  • une espérance éternelle.

Tous ces ingrédients ne s’achètent malheureusement pas ! Ils s’élaborent lentement dans un processus de croissance qui dure toute une vie et, si Christ ne complétait pas l’œuvre qu’il a commencée, nous ne serions jamais capables d’acquérir son parfum et donc impuissant à le transmettre au monde. C’est pourquoi il affirme qu’Il sera avec nous jusqu’à la fin du monde.

Ce n’est pas tout d’avoir un parfum ….encore faut-il qu’il serve à quelqu’un d’autre que nous-mêmes….nous devons voir à le diffuser, diffuser tout ce qui nous vient de Dieu.

Une chose est établie, chacune et chacun de nous possédons un parfum spirituel, mais la question reste à savoir de quelle qualité il est. Que sent-il ? est-il agréable à respirer pour ceux que nous côtoyons ou repoussant ? est-il une odeur de vie ou une odeur de mort ? Est-ce que nous répandons notre parfum ou le gardons-nous pour nous ou pour quelques intimes seulement ? Le portons-nous toujours, à l’occasion, ou à certaines occasions ? (ill. certains arbres tropicaux qui n’exhalent leur parfum que le soir.  Sommes-nous avares de notre parfum ? Il semble que le parfum de Christ  reste dans nos Églises.

Voici trois passages concernant un certain parfum qui a provoqué des réactions vives pour les uns et agréables pour le Seigneur Jésus :

Marc 14.3 : « Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux. Pendant le repas, une femme s’approcha de lui, tenant un flacon rempli d’un parfum de Nard pur  de grande valeur. Elle cassa le col du flacon, et répandit le parfum sur la tête de Jésus….. »

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Jean 12.1-3 : « Six jours avant la Pâque, Jésus se rendit à Béthanie où habitait Lazare , celui qu’il avait ressuscité d’entre les morts. On prépara là un festin en son honneur. Marthe s’occupait du service et Lazare avait pris place à table avec Jésus. Marie prit alors un demi-litre de nard pur, un parfum très cher; elle le répandit sur les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux. Toute la maison fut remplie de l’odeur de ce parfum.

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Le Nard de l’Himalaya

Matthieu 26.6-13 : Jésus se trouvait à Béthanie dans la maison de Simon le lépreux. Une femme s’approcha de lui, tenant un flacon d’albâtre rempli d’un parfum de Myrrhe de grande valeur. Pendant que Jésus était à table, elle répandit ce parfum sur sa tête. ….. Si elle a répandu cette myrrhe sur moi, c’est pour préparer mon enterrement.

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Quelques observations sont nécessaires :

  • Il est bon de se rappeler qu’à l’époque, on ne voyait jamais une femme se présenter ainsi à une table uniquement fréquentée par des hommes. Il n’était pas plus question qu’une femme se présente les cheveux défaits. Le seul rôle qu’elle pouvait tenir était de préparer le repas et de le servir pour ensuite manger à part comme cela se fait encore en Arabie Saoudite.mary
  • Le nard était fait à partir de feuilles séchées d’une plante rare de la région de l’Himalaya. C’était un parfum de grand prix généralement réservé aux rois. Quant au vase utilisé par Marie, il devait être comme ceux qui servaient à l’époque pour contenir de tels parfums. C’était un objet de toute beauté sculpté dans le marbre et donc sans doute très cher, qui devait contenir environ 1/3 de litre.

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  • Le vase brisé par Marie contenait un parfum qui aurait pu être vendu trois cent deniers soit le salaire d’un ouvrier pour un an. Avec cet argent on aurait pu nourrir des centaines de familles. Voici un exemple d’une action ayant toutes les caractéristiques de l’extravagance.

Mais revenons-en au texte :

–        Malgré le prix exorbitant qu’il lui avait coûté, Marie (citée dans Jean) n’hésite pas à le répandre sur la tête de Jésus ni à briser un vase d’une qualité exceptionnelle, qu’elle ne pourrait plus jamais utiliser.

–        Jean nous dit aussi que Marie s’est servie de ses cheveux pour laver les pieds de Jésus avec ce parfum remarquable. Un parfum d’humilité…

–        Imaginez un peu l’odeur merveilleuse qui a dû remplir la pièce et toute la maison comme il est dit dans le texte….et ce n’est pas tout, le délicieux parfum s’est écoulé le long de ses cheveux devenus brillants et de sa barbe épaisse. Ce parfum a enveloppé son corps d’un merveilleux arôme. Sa tunique et son vêtement de dessous ont été imprégnés de l’odeur durable de ce parfum. Partout où Jésus s’est rendu pendant les 48 heures suivantes, ce parfum l’a donc même accompagné alors qu’il était entre les mains des soldats qui ont tiré sa tunique au sort. C’était un honneur qui n’était réservé qu’aux rois à l’époque…

–        Quelle action spectaculaire, extravagante et quelle manifestation publique de son parfum spirituel envers Jésus…un parfum d’amour sacrificiel qui s’ajoutait au parfum naturel. Mais tout le monde n’avait pas apprécié…  au point de réprimander Marie. Les gens ordinaires qui entouraient Jésus n’étaient pas habitués à un tel gaspillage et en étaient profondément choqués. Ils n’ont pas vu le témoignage d’amour de Marie pour son Sauveur….un parfum spirituel extravagant à la mesure de son amour pour Jésus.

Est-ce que l’amour de Jésus pour moi et mon amour pour Jésus sont comme un parfum de bonne odeur que je diffuse dans mon entourage ? Est-il assez agréable pour qu’il dure plusieurs jours et parvienne même à se faire respirer par d’autres personnes ?

Paul parle de ce parfum  de Christ que nous devons porter et faire respirer partout où nous allons et en toute occasion :

« Je ne puis que remercier Dieu : il nous associe toujours au cortège triomphal du Christ, par notre union avec lui, et il se sert de nous pour répandre en tout lieu, comme un parfum, la connaissance du Christ. Oui, nous sommes pour Dieu comme le parfum du Christ parmi ceux qui sont sur la voie du salut et parmi ceux qui sont sur la voie de la perdition. Pour les uns, c’est une odeur de mort qui mène à la mort, pour les autres, c’est une odeur de vie qui conduit à la vie.

Et qui donc est à la hauteur d’une telle tâche ? En tout cas, nous ne sommes pas comme tant d’autres qui accommodent la Parole de Dieu pour en tirer profit. C’est avec des intentions pures, de la part de Dieu, dans l’union avec le Christ que nous annonçons la Parole. » 2 Corinthiens 2. 14-18 

Ce texte est très riche….il parle entre autres de notre union avec Christ, de notre service pour Dieu tel qu’il l’a conçu, de notre témoignage de Christ, et de l’impact de notre témoignage….

 Oui, nous pouvons remercier Dieu de nous avoir accordé la permission de nous associer à son œuvre de salut par le partage, de partager la connaissance de sa personne et de son œuvre d’amour incompréhensible.

Oui, ce témoignage, on peut le comparer à un parfum et nous avons la tâche de le faire respirer à tous, qu’ils soient sur la voie du salut ou sur la voie de la perdition car nous ne savons pas lesquels appartiennent à ces catégories, c’est l’affaire de Dieu…Mais nous devons faire attention à ce que nous faisons respirer aux autres….attention à notre parfum. Le parfum que notre étiquette annonce est-il vraiment celui qui est dans le flacon ? On dit parfois de quelqu’un que ses actions parlent plus fort que ses paroles….serait-ce aussi le cas de son parfum ? sent-il ce qu’il annonce sur l’étiquette ?

Mon parfum est-il frelaté, changeant, au gré du temps, des circonstances ou de mon humeur ? ou est-il toujours égal et permanent ? en ai-je un pour l’Église et un pour la semaine ? Celui du dimanche masque-t-il celui de la semaine ? Est-il comme ces arbres tropicaux, telle le Bonsaï Nicodémia, qui n’exhalent leur parfum que le soir et une partie de la nuit quand personne ne peut en profiter ou le respirer ?

Dans le monde du commerce, les parfumeurs ajoutent un fixatif à leur mélange pour garder plus ou moins longtemps l’odeur du parfum sur le corps…..autrefois on utilisait même le produit de la glande de la mouffette fixer les parfums à cause de son odeur tenace.

Dans le cas du parfum de Christ, ce fixatif aussi est nécessaire pour ne pas dire impérieux, indispensable : c’est la lecture régulière de la Parole de Christ qui nous montre quel doit être notre parfum, pur, non mélangé, non frelaté….

Parlant de frelaté…

Un brin d’orgueil, une pincée d’arrogance un grain d’orgueil, un filet de vengeance, une demie-livre d’impatience, une cuillérée d’avarice, une goutte d’intolérance ou d’amertume et voilà que mon parfum, ressemblera plus à un parfum de mort que de vie….un parfum désagréable, voire irrespirable pour ceux qui m’approcheront ou seront dans mon entourage…un mauvais témoignage aux conséquences néfastes pour ceux qui cherchent Christ.

Est-ce que j’interdis l’accès au message de l’évangile, le parfum de Christ, à mes voisins par mes pensées, mon comportement, mes actes, mes conversations, mes convictions, mes activités ou mon attitude ?

Est-ce que je ferme le bouchon ou, au contraire, je l’ouvre tout grand et le répand à l’aide d’un atomiseur ?

Chacun de nous essaie à sa manière de faire respirer aux autres le parfum de notre Seigneur et Sauveur. Notre tâche est d’essayer d’en arriver à faire respirer un parfum le plus ressemblant de celui de Christ, à notre famille, à vous, frères et sœurs, à nos collègues de travail, à nos voisins, dans nos loisirs ou les transports publics, au resto, par l’imitation de Christ.

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